
Cette encre qui coule d'une manière si sexy sur les murs moi ça me rend complètement accro. D'ailleurs j'ai du passer à l'option refill avec encre d'imprimerie parce que le budget est hors de mes moyens là tout de suite...
MAIS LA !
20 exemplaires d'extincteurs de 8 litres de Krink vont sortir très bienôt, résister à cet objet de désir est au dessus de mes forces, non mais t'imagines le kiff de balancer à la lance des litres de Krink sur le mur de ton immeuble???
Damn, j'en frissonne!!!!
L'occasion aussi de vous balancer une interview de Craig Costello aka KR faite il y a 6 mois pour une rubrique parlant de personnes qui ont fait de l'art un business tout en restant authentique.
CRAIG “KR” COSTELLO
KRINK IT BABY!
L’encre coule de NYC à Tokyo couvrant des murs soudainement sauvagement sexy et nous rendant addict au point de nous causer des ennuis. Aucun blâme ne nous fera revenir à la raison, la dépendance à ce flacon de plastique étant bien trop démesurée.
KRINK est une antithèse… Il y a 15 ans, Craig Costello aka KR à cette époque, ne se voyait pas autre qu’autodidacte en mode DIY. C’est donc façon maison, que le graffeur crée son encre. Peu à peu, des gros tags dégoulinants apparurent dans SF, intrigant la scène locale et devenant de plus en plus populaire.
Le bouche à oreille se développe dans le monde du graffiti, et 8 ans plus tard, lors de son retour à NYC, le projet prend forme. 20, puis 40, 80, 150 flacons sont produits petit à petit et se vendent immédiatement.
Visionnaire, KR a créé un produit destiné à une utilisation illégale mais reconnu aujourd’hui comme la marque d’encre et marqueurs la plus qualitative, redéfinissant un marché à la base plutôt conventionnel. KRINK coule aujourd’hui dans le monde entier. Un véritable mouvement se crée autour de cet esthétisme particulier, du tag aux peintures, de la rue aux galeries, en passant par des objets prêts à se faire pimper.
Celui qui s’est fait connaître dans le Queens et à SF en commençant par graffer des énormes KR il y a plus de 15 ans, se retrouve aujourd’hui comme un des artistes les plus en vue…
Des marques comme Nike n’étant pas restées insensibles à ses murs et boîtes aux lettres dégoulinantes.
Interview avec le plus underground des businessmen…
C’était comment tes premières heures de graff dans le Queens?
J’ai grandi avec un paquet de potes taggeurs depuis tout petit et dans les années 80, mon grand frère graffait sur les trains et l’autoroute. Le graff faisait vraiment partie de mon paysage… Les trains, les murs, partout. Moi j’étais plus un skateur quand j’étais jeune, sachant que les sessions de graff pouvaient tourner assez rapidement à la violence. Je m’y suis impliqué plus tard, vers 17 ans, mais le graffiti était juste omniprésent.
Est-ce que le fait de bouger sur San Francisco a influencé ton taf?
A San Francisco, c’était vraiment soft et easy de tagger dans les rues, idem pour choper du matos. Dans l’ensemble c’était plus tranquille, la créativité y était hyper forte et j’étais tout seul. C’était une bonne expérience pour moi de quitter mes origines pour voir quelque chose de différent, une manière de vivre différente. Je suis rentré dans une école d’art et j’ai beaucoup appris autour des beaux arts, d’un point de vue du concept du Californian style. La culture est différente de NYC. New York est hyper riche, et les gens sont sans cesse en train de bouger. La ville doit beaucoup à l’Europe. La Californie est plus progressive et ouverte aux nouvelles idées. C’est un spot hyper influent et intéressant.
Est-ce que les tags dégoulinants ont toujours fait parti de ta signature ou est-ce que c’est venu avec le concept de ton encre?
Quand j’ai bougé sur SF, j’étais vraiment intéressé de tagger à l’encre, je ne sais pas pourquoi, je pensais juste que c’était cool. Mais la plupart des marqueurs n’étaient pas efficaces sur les murs sales et rugueux. J’ai testé beaucoup de choses différentes et j’en suis arrivé à une formule faite d’éléments naturels et bios. Il n’y avait aucun plan la derrière, c’était très simple, juste trouver le moyen de réaliser une perception, une envie. Krink était très underground, il n’y avait que moi et quelques potes qui l’utilisions, puis, le style Krink a commencé à dominer le paysage urbain de SF. Les coulures étaient l’effet naturel des tags faits avec cette encre, et sont rapidement devenues une part importante de l’esthétique Krink
C’était toute une question de prendre les devants et de se démarquer. Utiliser du matos et le style que personne n’avait faisaient qu’éventuellement, les autres allaient commencer à suivre. Et quand ça arrive, c’est que t’as atteint un certain but. Quand je suis reparti sur NYC, ça a été le même schéma. Je taggais moins, mais j’ai commençé à dealer avec des plus jeunes, je leur ai passé du Krink, et ça a vite commencé à dominer le lower side de Manhattan. Les gens disaient ‘C’est quoi ce bordel ?’, c’était cool!
Puis j’ai rencontré les gars d’Alife. Ils m’ont dit qu’ils pourraient vendre ça, que ça marcherait et qu’ils m’aideraient. J’étais surpris mais j’ai dit ok. Et ça s’est super bien vendu dès le début. Je crois que mon produit était un des best sellers pour le shop, pendant des années.
Ça m’a aidé à voir les choses différemment. Ce genre de personnes, impliquées dans le marketing, étaient vraiment intéressées par le produit. J’ai créé Krink pour tagger mais pas pour vendre, donc toutes ces idées étaient plutôt nouvelles pour moi.
Après un certain temps, j’ai commencé à m’ennuyer du graffiti, j’ai éliminé mon nom et je me suis mis à ne faire que des drips. La réponse a été super positive de la part de gens très différents. Je faisais quasi tout le temps la même chose, utiliser du Krink sur des portes ou des boites aux lettres, et ça m’a pas mal aidé à percer. Ce nouveau style parlait à beaucoup plus de gens. Pour moi ça a été un pas vers l’abstrait et le minimal.
Comment s’est passé la collaboration avec Alife?
J’ai été vraiment surpris de comment tout a tourné. Ils m’ont beaucoup aidé avec le marketing, on a bossé ensemble sur le projet et à partir du moment où le shop s’est développé vers un pôle créatif et un point de rencontre pour pleins de jeunes artistes, on a tous bossé ensemble sur des projets différents, du design, de la photo, des produits etc.
C’était vraiment intéressant, et ça a été ma première expérience avec le monde du marketing, du design pour des séries limitées, et ce genre de choses.
La manière dont tu fais ces drips, est-ce que c’est calculé ou t’y vas plutôt à l’instinct?
Oui c’est calculé. La couleur, les surface, l’endroit, tout est pris en considération.
Penses-tu que ton art maintenant tient toujours du graffiti?
Une bonne partie de mon travail est influencé par mon expérience du tag et par l’intérêt que je porte à l’art contemporain. Mais le graff est juste une de mes expériences. Je ne suis pas unidimensionnel et je refuse d’être catégorisé simplement comme un taggeur.
J’ai l’impression que Krink atteint le point de se transformer en réel mouvement, si ce n’est déjà fait, mais je peux imaginer que ça n’a pas été forcément simple…
Même si ces dernières années la réaction des gens a été positive et progressive, au début c’était super difficile de faire connaître le nom, gérer la production… J’avais l’habitude de faire ça dans mon appart! Grandir et être reconnu en dehors du monde du graffiti a pris du temps. Je pense que ce que les gens ont trouvé d’intéressant et d’intrigant c’est le niveau où on a commencé. On a produit et utilisé Krink pendant 8 ans avant de vendre la première bouteille. Aujourd’hui c’est le contraire, beaucoup de gens commencent d’abord un business et ensuite le vende comme un produit fait localement etc.
Si l’on regarde le futur, comment penses-tu faire évoluer la marque, le produit, parce que finalement ce n’est que de l’encre (mais quelle encre, je te l’accorde…)
Pour les produits, on développe sans cesse de nouveaux supports, de nouvelles couleurs, pour étoffer la ligne actuelle. En ce qui concerne la marque, on travaille sur plus de designs, pour continuer à s’établir comme un label de qualité fait par des artistes pour des artistes.
On a pas mal de projets qui arrivent...
Est-ce que bosser sur des collabs avec Nike et Incase, par exemple, ouvre maintenant plus de possibilités?
Ouais c’est clair, ça nous a aide à promouvoir Krink sur un plan plus grand public.

Donc, bilan… Te considères-tu comme un artiste ou un businessman ?
C’est assez délicat… Mon principal business c’est Krink, donc si on veut définir mon taf, je fais du biz en faisant des produits et des projets créatifs. Je ne vit pas de la vente d’objets d’art. Mais je ressens le fait que la marque Krink a été par elle-même une vitrine artistique. L’esthétique Krink a eu un impact global dans la rue et dans la scène créative.
Quelque chose à ajouter?
Nous sommes des créatifs. C’est important pour nous de distinguer ça, on kiff et on utilise toutes formes et styles de création.
Peace and love will always save the day.


























4 commentaire(s)
Commentaire de Mäc Nigette :
le 2009-09-29 09:36:52
Commentaire de schmittacapuche :
le 2009-10-01 22:14:48
Commentaire de DOPE One :
le 2011-07-19 22:36:22
Commentaire de FvCholiopsoh :
le 2012-05-28 18:26:06