LA RESISTANCE

par Schmitto

Oh la merde, la loose is back in my house. Bad, me vlà serial bloger sans connexion internet. La faute au wifi du voisin que je n'arrive plus à pécho depuis 2 jours. Cette nuit, c'est donc avec mon papermate, le pote de mon bloc, mon stylo préféré, que j'ai divagué sur la fameuse rentrée littéraire. Comme chaque année, journalistes papier et chroniqueurs télé s'apprêtent à se vautrer dans une comptabilité inutile: imaginez donc ma bonne dame, plus de 600 titres en rayon à faire semblant d'avoir lu; certains iront jusqu'à peser les bouquins, d'autres analyseront la récurrence de tel mot à la mode dans les titres... un bruit médiatique gentiment inutile. Moi, au lieu de vous parler des livres des autres, je vais vous parler du mien: Almost, l'histoire du mec qui a presque sauvé le monde, un livre à paraître un jour en M, L et XL aux éditions du sweat-à-capuche. En attendant, à l'heure du roman sms et de la twitter littérature, je peux bien vous le balancer en un post. Vite fait quoi. D'autant plus que diète numérique et prise de maquis digital sont deux des themas centrales de ce livre. Alors privé d'upload de tofs et de recherche de picts, place à mon premier post tout en mots.

J'aime pas la marche, mais j'aime bien la bière, je bois donc des bières en marchant pour que ça passe plus vite. C'est le "street beer riding", ou en bon français, l'art de se déplacer en buvant des bières. Avec le mobilier urbain de la vile de paris sous la main, je ne suis jamais en galère de décapsuleur; les possibilités d'ouverture sont sans fin, le top restant l'angle des armatures en métal des poubelles fixes. Après 45 minutes de marche bien vénère, et 3 heinneken de 75cl, je devais déjà être bien rougeaud quand j'ai croisé le regard méprisant de madame la grande bourgeoise. Mais c'est quoi toute cette merde blanche ? Je découvre l'esplanade des invalides blindée de gens habillés en blanc, de la tête au tods. Oh mais putain, je suis au beau milieu du dîner en blanc. Chaque année, l'ouest parisien et ses copains, se retrouvent dans le beau paris pour célébrer l'art de vivre à la française. Rendez vous mondain pour un pic-nic tout sauf campagnard, avec tables, nappes, argenterie, chefs cuisiniers, et grands crus. Tout le gratin du purin puritain est dans la place. Vlà pas le kiff pour le terroriste arty qui est en moi. Je m'imagine alors une action digne de l'empereur du tomato ketchup; un ride d'une dizaine de mini-moto armées de water-gun chargés au ketchup. Tu captes l'impact visuel de l'action shootée par nos dv et instantanément balancée sur le net. Trop beau, les big giclées de rouge révolutionnaire sur tout ce blanc possédant. Tel fut l'acte de naissance mental de la résistance. L'année suivante, je passais à l'action. Direct. Faut dire, j'avoue, depuis tout kid, je trip sur la série télé V et sur Mark Donovan, le chef de la résistance. Le premier acte de lute qu'il m'ait inspiré, je l'ai accompli alors que je n'étais qu'en CE2; mettre du sucre dans les réservoirs des camions des auto-tamponneuse de la fête foraine pour les empêcher de partir.

Après avoir fait disparaître nos mini-moto préparées par mon vieux bon pote Momo, un dingue capable de se faire la place de la bastille en whelling à contre sens, sans casque, 50 taz ds la nike requin droite, 50 g de marocain ds la gauche, et 5 g de c ds le nez, il ne ns restait plus qu'a disparaître. Prendre le maquis jusqu'à la prochaine action de la résistance. Une retraite digitale. C'est ma blank stratégie : plus de portable, plus d'internet, existence numérique zéro. Ben wai, avec le nombre de femmes de ministres, de filles d'ambassadeurs, et de big en tout genre cartonnés lors de notre action, obligation de la jouer plus que discret, et donc de se débarrasser de toute technologie traçable. Ce fut la bonne ocas pour instaurer un rite initiatique à l'entrée dans notre crew; le jeté de portable en l'air. Le mobil, ce truc sur-grillé aussi efficace pour se faire repérer que les implants fantasmés ya 50 ans par les auteurs de SF, une formidable méthode de flicage volontaire, un gros gros succès du ministère, un vrai kiff de flic quoi. La police te remercie, mais nous on la fuck. Et pas question d'utiliser le net et ses réseaux sociaux; l'abandon des mails, post, comment, et autres request, fut bien hard pour la plupart d'entre nous, j'avoue. Mais attend, on va pas faire du bénévolat pour le ministère. Parce qu'à partir de maintenant, c'est eux contre nous; le ministère contre la résistance. So, pour communiquer, on se déplace. Réappropriation du vélo, à la base un truc de prolo et non pas un sport du dimanche pour mecs de droite comme a tenter de le faire croire le petit Nicolas et ses mediamis. Pour communiquer à l'international, on a Mario Kart. Ben wai, jamais les grandes oreilles du ministère auront l'idée de checker les parties en réseaux. Grâce à la wii et au wifi du voisin, la résistance peut envisager une internationale. Tout est codé, du choix de ton ride, au score à faire, en passant par les gimmicks que lâche le Mario. Ta vu, la résistance est au top du codage. Il ne ns manquait plus qu'un mot de passe incrakable, une phrase clé placée sous le signe du V, pas V pour vendetta, mais V pour vagin, et aussi pour le clin d'oeil à la série télé. "Les porc-épics femelles sont systématiquement braconnées pour leur vagin" ne me demande pas d'où ça sort, si ce n'est du fond d'un pochon de skunk.

Bon, maintenant, faut de la tune. Ben wai, faut bien la financer la révolution, faut du cash pour la prochaine action. Saturé de lecture sur l'histoire de la gauche prolétarienne, sur la cause du peuple et tout ca et bla bla bla, j'ai repris et remixé leurs méthodes d'action de récupération, d'expropriation, faire des braquage quoi. Mais pas question de s'attaquer à une banque, on est pas des grand bandits. C'est en parlant de tout et de chaussures a talons avec une copine styliste que l'idée m'est venue. On va braquer les boutiques de chaussure de luxe des beaux quartiers. Attend, avec pas une seule paire en dessous de 500 E, ya trop de la maille facile à se faire. Merci à vous les filles.

Alors ok, on est op niveau gen-ar, mais comment trouver une suite digne d'un aussi bon début. Mais nan, je ne parle pas de mon livre ducon, mais du deuxième acte d'arty terrorisme fomenté par la résistance; comme ils disent dans le métier. Où, quand, et surtout comment générer une nouvelle zone de chaos temporaire ma frère ? J'ai trouvé le plan un 14 juillet alors que je m'étais endormi au coté de la petite dans mon parc : piéger les glaçons de la garden party de l'Elysée au MDMA. Easy, suffit d'infiltrer le traiteur, et c'est tipar pour le grand n'importe quoi : les bourgeoises de province tout endimanchées se roulent des grosses pelles au détour d'un verre de rosé, les ministres gay honteux se laissent aller et se fistent all around. Ce que je n'avais pas prévu, c'est que notre petit président est allergique aux drogues cool; ce MD l'a rendu dingue, et tel un zidane de la politique, il a collé un coup de boule à sa Carlita au beau milieu de son discours retransmis en direct à la télé.