
François Missonier peut respirer. Rock en Seine, plus grand rassemblement rock annuel en Ile-de-France, était sold-out (105000 spectateurs, record battu). Le directeur du festival n'a pas eu à déplorer, cette année, une annulation de dernière minute ou une bagarre familiale en coulisses. Pourtant, c'était mal barré. Entre la mort du père du bassiste de BRMC et le suicide du chanteur d'Ou est le Swimming-Pool, la vilaine malédiction pointait le bout de son nez.
Une programmation judicieuse et une météo plutôt clémente (excepté pour Arcade Fire) ont eu raison de cette poisse tenace qui s'abat sur le festival depuis quelques années.
Puisqu'il n'est malheureusement pas possible de tout voir et entendre, grosse machine oblige (3 scènes sur le site classé du domaine de St-Cloud, qui a un hélico ?), on se contentera de livrer notre palmarès, en vrac, sans chronologie (et puis quoi encore).
Au rayon des confirmations, les british de Foals adaptent avec succès leur nouvel album sur la scène de la Cascade, dans un déluge de guitares. Sans surprises, la formation du stoner Josh Homme Queens of the Stone Age délivre un son de bucheron, sur la Grande Scène. Clair, net et précis comme une hâche au milieu d'un rondin de Charles Ingalls. Et juste pour leur hit No One Knows, on se tape volontiers l'intégralité du show. 2Many dj's, hyper calibré, hyper prévu mais toujours hyper efficace. E (Eels) et son boys band de blues barbu se régale et ça fait juste plaisir. Manque plus que le rodeo et le concours de monster trucks. Beirut s'engouffre dans la brèche et même si l'univers du groupe se prête plus à un cadre intimiste - la trompette sur une scène géante, ça fonctionne moins bien qu'à la Cigale - la chemise bretzel du batteur n'en est pas moins splendide. Les premiers drapeaux bretons fleurissent (un rituel immuable de festival hexagonal), ils vont nous amener la pluie ces cons.
Dans le lot des reformations relous qui font gonfler le prix des places et augmentent le nombre de mecs qui servent à rien sur un festival (mec bourré qui gueule au camping à 5h du mat' à 2 cms de ton oreille ou british affalé dans dans la pelouse, bras en croix, dès le vendredi aprem alors qu'aucun concert n'a commencé), la palme revient à Blink 182. Même Serge (voire Bernard) Lama chante plus juste que ces gars là. Le seul intérêt de ce concert : compter le nombre de tatouages de Travis Barker.
Dans la galaxie des groupes inoffensifs, capables de jouer leur album à la note près et de se mettre quand même le public dans la poche, Two Door Cinema Club, Grand Prix du Jury.
Dernière catégorie, les bonnes grosses claques. Premier coup de cœur, les pop songs de Wave Machine, quatuor de Liverpool. Auteur d'un album génial dont la prestation impeccable sur la petite scène de l'Industrie fait mouche, le difficile public parisien ne s'y trompe pas. Arcade Fire qui malgré un show écourté à cause d'une pluie digne de la Route du Rock confirme qu'il est un groupe énorme. Enfin, pas besoin d'être inconditionnel de la bande à James Murphy pour capter que le concert délivré par LCD Soundsystem était abusé. Ces new-yorkais feraient danser des morts. Sur Yeah, un bloc compact de 10000 personnes jumpe, ils y sont encore. Une question : Who can beat those guys ?

















