Rayon frais

Medias

par @FrancoisChe

StreetPress : « On a voulu créer un média qui parle à notre génération »

StreetPress : « On a voulu créer un média qui parle à notre génération »

Parfois utilisée à tort et à travers, on ne compte plus le nombre de web médias qui ont intégré la particule « street » dans leur nom (et on est bien placé pour en parler chez nous). Ce n'est pas le cas du site StreetPress qui en fait bon usage avec son socle éditorial centré sur la ville et les citadins.
Entre journalisme participatif et papiers au long cours, le magazine digital ne fait pas de la course au clic son objectif principal. Pour autant, le titre a fait parler de lui récemment en publiant le droit de réponse du rappeur Médine (notre photo), aperçu au meeting du sulfureux Kemi Seba. Nous avons posé quelques questions à Johan Weisz (cofondateur de StreetPress) pour en savoir plus sur ce site qui figure désormais en bonne position dans les favoris de notre navigateur.

Quelle est l'origine du site ?
Johan Weisz : StreetPress est né à la fin de l'année 2009. On voulait créer un site qui parle à notre génération : se pose les mêmes questions que nous et raconte la réalité dans laquelle on évolue, avec un ton authentique et urbain. On l'a dès le début créé en « rédaction ouverte ». 20 à 30% des papiers sont le fruit d'un boulot avec des contributeurs bénévoles qu'on accompagne dans la réalisation de leur sujet. On souhaite éviter de transformer la rédaction en une boîte noire dont personne ne sait comment les articles sont fabriqués. C'est un impératif pour créer de la confiance avec nos lecteurs. Parce qu'un média est un acteur du débat démocratique. Quand le titre n'est plus crédible, le débat est fragilisé.

Pourrais-tu me définir le projet éditorial de StreetPress et me présenter votre nouvelle formule ?
Aujourd'hui, StreetPress est un magazine urbain sur le web. La nouvelle formule précise notre positionnement éditorial autour du triptyque enquêtes, lieux et gens. Nous parlons des spots urbains, fabriquons des cartes thématiques, proposons des reportages qui évoluent dans la jungle urbaine. Des interviews et des portraits de ceux qui « font la ville ».
C'est la vie urbaine à Paris et en banlieue que l'on souhaite raconter. On le fera chaque semaine avec une cover qui est un sujet sur lequel on aura passé du temps.

Comment séduit-on son lectorat lorsqu'on se positionne en tant que pure player pour les 20-35 ans ?
La « génération Y » (née après 1980 NDLR) a nativement accès à l'info en continu. Mais c'est une génération qui ne se reconnaît plus du tout dans les marques d'info traditionnelles : elles sont dévaluées et ne portent pas leurs regards.

Avez-vous trouvé un modèle économique viable ?
Oui, on n'a pas trop le choix parce qu'on a démarré le projet avec 5000 euros en banque ! Nos revenus proviennent directement des annonceurs et partenaires qui veulent toucher la cible des 20-35 ans sur la région parisienne, et de notre expertise en production de contenus editoriaux. Nous avons une activité BtoB avec des clients pour qui nous produisons des magazines, des docs vidéos, des contenus editoriaux pour le web ou le mobile.

Quels sont les trois articles que tu me recommandes de lire rapidement ?
On écrit souvent des papiers sur les gens qu'on croise et avec qui on peut avoir des interactions au quotidien sans pour autant avoir le temps de savoir qui ils sont. Alors nous on prend le temps de raconter qui sont ces personnages urbains.
« Au Kremlin-Bicêtre, la mosquée collée à la synagogue », « Crachats et tirs de flashball : quand la Police réveille une tour HLM », « 24 heures dans la vie de rahman, sans pap' et vendeur de bières ».


A lire sur StreetPress : une carte interactive des meilleurs kebabs de Paris.

Propos recueillis par François Chevalier