Stern* - Don't Call Me Howard

Stern*

Compositeur éclectique et talenteux, Stern* débarque de Montréal sur le vieux continent pour célébrer la sortie de son album Digital Bless signé sur le label Leonizer de Leonard de Leonard qui nous a fait découvrir Nasser et dont les prochaines sorties donnent l'eau à la bouche (Playdoe, Audrey Kratz). On le retrouvera avec tout ce crew pour plusieurs dates à travers la france à Lyon, Lausanne, Berlin et Paris au Nouveau Casino.
Une bonne occasion de découvrir cet artiste qui réussit le pari de marier électro rageuse et rythmes exotiques. Un bel album à écouter et déguster, accompagné de ses remixes de M.I.A, Phoenix et La Roux.

A quoi fait référence ton nom ?
Stern, c'est un peu passe-partout, "stern" veut dire "dur" en anglais, "sérieux". Je pense que cela décrit bien ma musique et mon état d'esprit. En Allemand, "stern" veut dire "étoile". L'étoile est très positive pour moi. J'aime jouer avec cette ambiguité et laisser les gens se faire une idée en écoutant ma musique.
Comment définirais-tu ton style musical ?
C'est définitivement de l'electronica, avec une touche de Fidget et de House.
Mon inspiration se trouve plus dans la vieille French Touch à la Daft Punk et Oizo, avec une coloration saturée qui est très au goût du jour. J'aime faire des choses différentes, cela s'entend dans mon album.
Je serais capable de composer de tout, sauf que voilà j'aime faire danser les jeunes.
Tu aimes beaucoup remixer le travail des autres, pourquoi ?
La plupart des producteurs en musique électronique se font connaître en faisant des remixes. Ce qui est génial pour un remix, c'est de prendre une voix et de refaire toute la musique derrière, de donner une nouvelle dimension à la musique originale.
Tes remixes sont particulièrement appréciés, ça consiste en quoi la "stern touch" ?
J'utilise souvent des mélodies groovies et accocheuses pour mes remixes contrairement à mes compositions qui sont beaucoup plus sombres et moins commerciales. Difficile de définir sa touche personnelle, à mon avis c'est toujours au niveau de la manière de faire mes basses que je travaille depuis de nombreuses années. Pour moi la basse est la mélodie, si elle est accrocheuse, le morceau marche!

"Le minimalisme de Montréal m'a vraiment beaucoup inspiré. L'hiver isole et permet de se concentrer sur la composition, je ne sais pas si j'aurais pu passer autant de temps à composer si j'avais habité au bord de la mer."

Peut-on en savoir plus sur ton processus de création ?
Stern : Je pars le plus souvent d'une mélodie que je compose en midi et j'essaye d'avoir toujours une basse puissante qui donne du groove à la chanson que je vais composer. Le rythme est plutot quelque chose que je travaille en aval. Ce qui est dur, c'est que contrairement à la plupart des nouveaux producteurs, je travaille tout en midi, un procédé qui s'utilisait plus au début des années quatre-vingt dix. C'est une sorte de code qui peut être traduit en note musicale. Je compose davantage note après notre à la souris ou à l'aide d'arpegiator. J'utilise souvent des instruments analogues de l’ordinateur et je les ré-enregistre. C’est de plus en plus rare aujourd’hui.
Il parait que tu passes beaucoup de temps en studio, est-ce vrai ?
Je passe beaucoup de temps en studio. Tout dépend de l'inspiration, du mood dans lequel je suis. Je peux passer quarante heures sur une chanson et huit sur une autre. Je reste quand même un puriste. Beaucoup de mes chansons ont été composées avec des instruments analogues.
Cela nécessite bien plus de travail qu'avec un instrument virtuel car tu dois tout enregistrer puis t'assurer que le son est épuré. Utiliser un instrument virtuel est plus facile mais le grain n'est pas le même.
Comment abordes-tu le live ?
Pour le live, j'utilise le moins de choses possibles pour me concentrer sur la performance. J'aime bien m'équiper d'un contrôleur midi et de boîtes à effets pour que cela soit plus visuel sur scène.
Tu vas bientôt revenir jouer en Europe, comment appréhendes-tu cette tournée ?
L'Europe est le berceau de musique que je compose. Pourtant, toutes mes compositions ont été réalisées ici à Montréal, et quelques unes au Mexique.
Pour moi, l'Europe est le meilleur endroit pour faire connaître ma musique car il existe beaucoup plus de clubs propices à cela. À Montréal par exemple, il y a encore beaucoup de rock. La scène électro rassemble moins de monde. Cette tournée m'excite beaucoup. C'est un moyen pour moi de revenir aux sources, cela fait pas mal de temps que je suis au Canada et que je travaille sur la composition. Maintenant il est temps de diffuser la musique que j'ai composé.
En quoi Montréal t’a inspiré d’un point de vue musical ?
Montréal m'a attiré par sa créativité musicale. Si l'on cite Amon Tobin, Kid koala, Ritchie Hawtin, on se dit qu'il doit y avoir quelque chose de spécial. Le Canada est un foyer de création reconnu dans le monde entier. L'hiver isole et permet de se centrer sur la composition, je ne sais pas si j'aurais pu passer autant de temps à composer si j'avais habité au bord de la mer. (rires) Le minimalisme de Montréal m'a vraiment beaucoup inspiré. Peut-être les longs hivers plein de neige passés en studio y sont pour quelque-chose.
Moi, je suis profondément latin mais je me suis américanisé à force d'habiter ici. J'ai eu la chance aussi de rencontrer ici de très bons musiciens qui m'ont largement guidé. C'est fou le nombre de groupe et de tubes qui sortent de Montréal. C'est une véritable pépinière de talents.
Sur ton nouvel album, Manouche semble s'extirper du lot, comment te l'expliques-tu ?
Les gens aiment cette chanson. C'est difficile de ne pas l'aimer. J'avais envie de faire quelque chose de joyeux et aussi de très yiddish, par rapport au nom Stern. Je trouvais que c'était un bon pretexte. Elle marche plus que les autres car elle ne provoque pas la confrontation, c'est une chanson joyeuse et entrainante. C'est aussi le fait d'écouter Jesse Rose qui m'a donné l'envie de tenter ce mélange improbable.
Comment as-tu rencontré Leonard de Leonard ?
J'ai invité Leonard à jouer l'année dernière à Montréal et je pense qu'il a apprécié le live set que j'ai fait. C'est peut-être ce qu'il l'a poussé au fond à me produire. C'est quelqu'un que j'apprécie et que j'estime beaucoup. Son dj set m'a beaucoup impressionné. Ce qui est marrant, c'est que j'avais entendu parlé de lui à ses débuts il y a presque dix ans.
A cette époque, je travaillais avec sa copine au Café Chérie. On avait booké Missill qui commençait à décoller.
Qu’est-ce que Leonard de Leonard a apprécié dans ton travail ?
Il faudrait lui demander. Peut-être que c'est ma capacité à produire des tracks qui sonnent bien et que je peux performer en live. Beaucoup de djs ne font pas car c'est toujours plus facile de mixer les chansons des autres.
Peux-tu nous parler de ton projet avec Wizestar ?
Je travaille avec Jarco Weiss et Julie Dep, une jeune chanteuse New-yorkaise. C'est un projet beaucoup plus inscrit dans la Bmore. On essaye avec Jarco de mélanger nos influences, on garde des basses rageuses à la Stern* mais on y rajoute son côté Hip-Hop et les paroles osées de Julie que l'on pourrait comparer à Uffie. C'est un projet plein de potentiel. On a déjà tourné pas mal sans une seule track sortie. On s'est fait approcher par de gros labels. Je pense que ce projet est beaucoup plus universel car la voix de la chanteuse nous permet de séduire un plus large public.
Tu as confié à Guillaume Blanchet la réalisation de ton teaser promo, pourquoi?
Aujourd'hui, il faut chercher le buzz, ne plus se limiter à composer des chansons pour djs. J'ai tout de suite aimé ce que faisait Guillaume Blanchet. J'ai été tout de suite convaincu par son potentiel et l'idée d'embarquer avec lui dans un travail colossal de Stop Motion m'a plu.
J'ai envie de continuer à faire des vidéos qui sortent de l'ordinaire pour compléter mon travail de production musicale.
Quels sont les artistes qui t’inspirent en ce moment ?
Il y en a beaucoup.
Récemment, je me suis remis à écouter de tout, chose que je ne faisais plus depuis que j'avais arrêté le Djing parce que spinner des disques m'ennuyait. Je suis déjà content de croiser Spoek Mathambo avec qui je réalise une chanson pour Wizestar.
C'est Léonard de Léonard qui a produit son dernier projet Playdoe.

Auteur : Laure Delmoly
Photos : Droits Réservés

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2 commentaire(s) sur Stern* - Don't Call Me Howard
  • Commentaire de bbz :

    le 2010-04-01 15:28:55

    c'est bien ma came!
  • Commentaire de Alex :

    le 2010-04-12 22:13:01

    ça défonce!
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