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La Route du Rock 07' : Sur la Route (du Rock)

Le Festival Malouin fête sa 17ème édition, un excellent cru, sous la pluie, comme d’habitude...

Saint Malo, c’est la référence française pour tous les amateurs d’indie rock et d’électro pointue. Un festival à taille humaine (pas plus de 10 000 personnes par jour), dans un cadre somptueux (le Fort de Saint Père). Une programmation irréprochable (les groupes qui ont marqué l’actualité) et des galettes saucisses à tous les étages. Rien de tel pour préparer la rentrée musicale.
Plutôt que de céder au traditionnel compte rendu chronologique des 3 jours, Street Tease propose son classement, forcément subjectif (quoique), entre déceptions, confirmations et révélations.

Les têtes d’affiche du festival, deux groupes américains cultes, Sonic Youth et Smashing Pumpkins ont connu des fortunes diverses. Pour les New Yorkais, l’âge semble ne pas avoir d’emprise, quel bonheur de se farcir Teenage Riot en live ! La qualité de leur son et la motivation affichée font plaisir. Seul bémol, la longueur du set (1h30). Même reproche pour les Chicagoans, à la différence notoire que la magie n’est plus là : même les morceaux de Mellon Collie & The Infinite Sadness et Siamese Dream ne résistent pas. Et c’est tout le problème, la formation originelle n’existe plus, Iha et d’Arcy ont déserté et le duo Corgan/Chamberlin, malgré leur talent, ne suffit pas à rétablir le mythe.

Au rayon des mauvaises surprises, soyons francs, très peu de « déchet » cette année. The Go Team, la formation de Brighton déçoit avec un son (beaucoup) trop fort, des chansons sans mélodies et une chanteuse un peu casse pieds répétant à l’envie que le prochain opus du combo est dans les bacs. Beaucoup d’énergie dépensée pour un pétard mouillé. Dans la veine des groupes fatigants : Electrelane, intello et chiant ; Turzi et sa symphonie baroque.

« De mémoire, il s'agit du meilleur concert de la RDR : James Murphy, au sommet de son art vocal, accompagné d’un groupe en fusion pour un set ultra sautillant »

Dans la catégorie cool et sans fioritures : Herman Dune qui malgré une pluie bretonne a fait le métier avec son folk rock californien ; et Albert Hammond Jr démontrant qu’il pouvait s’affranchir de ses Strokes tout en gardant classe et efficacité. Sébastien Schuller, venu tester ses nouvelles compositions en solo, confirme ses belles intentions en live. The National et Art Brut délivrent de solides prestations scéniques mais sans véritablement convaincre l’amateur de rock à guitares. Dans la famille électronique, Justice délivre un live solide, sombre et compact.

Le podium du festoche est le suivant : Elvis Perkins et ses petits morceaux folks réjouissants, en toute simplicité, idéal en début de soirée. Ensuite, les deux claques du week-end malouin. Patrick Watson, un artiste bouleversant, qui fit se lever le Palais du Grand Large (la deuxième scène du festival) comme un seul homme. Un artiste plein et accompli, qui va ruiner les espoirs d’un bon paquet de songwriters. Allez, je me lance, ce type, c’est un compromis idéal entre Jeff Buckley mais sans le côté larmoyant chiant qui plait tant aux nanas, et l’écriture frissonnante d’un Nick Drake. On va en entendre parler très rapidement.
Enfin James Murphy et sa bande de LCD Soundsystem nous offrent une prestation énorme. De mémoire bretonne (6ème RDR au compteur) et hormis Grandaddy en 2003 (inclassable), ce fut le meilleur concert all time. JM au sommet de son art vocal accompagné d’un groupe en fusion pour un set ultra sautillant et sans répit. Les tubes s’enchaînent, l’apothéose sur New York I Love You... où le leader de DFA se prend pour Sinatra. LCD Soundsystem, le groupe à voir absolument en 2007.

C’est déjà fini, vivement l’année prochaine pour que la Route du Rock devienne enfin adulte.

Auteur : @FrancoisChe
Photos : @FrancoisChe

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